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Je me suis converti à l’islam, pas à un autre pays

Dans le débat public, la figure du “converti à l’islam” est souvent entourée de suspicion. On le présente tantôt comme fragile, tantôt comme manipulé, parfois même comme passé “dans le camp d’en face”. Derrière ces clichés, il y a une question plus profonde : que se passe-t-il vraiment, pour un citoyen français, lorsqu’il décide de se convertir à l’islam ?

La réponse est beaucoup plus simple que le fantasme : il change de chemin spirituel, pas de pays.


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Une conversion à l'islam, ce n’est pas une rupture de nationalité

Sur le plan juridique, rien ne bouge. La nationalité ne disparaît pas parce qu’un citoyen change de religion, tout comme elle n’apparaît pas magiquement parce qu’il en adopte une autre. Ce qui fait de lui un français, ce sont des éléments objectifs : son lien avec le territoire, la loi, la citoyenneté.


Sur le plan du quotidien, l’essentiel reste identique : il continue de vivre dans la même ville, de parler la même langue, d’envoyer ses enfants à la même école, de travailler, de payer ses impôts, de respecter les mêmes règles.

Ce qui change, c’est l’intérieur : la manière de prier, de se relier au sens, à la morale. Rien de tout cela ne retire ni ne rajoute un centimètre au passeport.


Ce que la conversion change réellement

Une conversion sincère n’est jamais un caprice. C’est généralement le résultat d’un cheminement long, d’un questionnement profond, parfois de lectures, de rencontres, d’épreuves personnelles.


Ce que cela change réellement, pour la personne concernée :

  • une nouvelle manière de structurer son quotidien (prière, alimentation, fêtes, repères spirituels),

  • une nouvelle exigence intérieure, qui peut d’ailleurs renforcer le sens de la responsabilité, de la justice, de la solidarité.


Tout cela se joue à l’échelle de l’individu, de sa conscience, de sa relation au monde. Ce n’est ni une déclaration de guerre, ni un projet politique. C’est un choix personnel, dans le cadre légal d’un pays qui garantit la liberté de conscience.


Pourquoi la conversion fait peur à certains

Si la réalité est si simple, pourquoi la conversion à l’islam continue-t-elle de déranger ?

D’abord parce que l’islam, en France, est l’objet d’un empilement de peurs : peur du terrorisme, peur de l’inconnu culturel, peur de perdre des repères, peur de voir le pays “changer de visage”.


Ensuite parce que la figure du converti bouscule un récit confortable : celui qui veut faire de l’islam une “religion étrangère”. Quand un français de naissance, ancré dans la culture nationale, choisit librement l’islam, ce récit se fissure. Il devient difficile de prétendre que l’islam serait, par essence, incompatible avec la France.

Pour certains discours politiques, cette contradiction est insupportable.

Il est plus simple de dire que le converti est égaré, influencé, voire suspect, plutôt que de reconnaître qu’il incarne la compatibilité entre foi musulmane et identité française.


La laïcité comme terrain d’entente

La laïcité, correctement comprise, est précisément ce qui rend possible cette double appartenance : français par la citoyenneté, musulman par choix spirituel.

Elle ne demande à personne de renoncer à sa foi. Elle impose simplement que la loi commune reste au-dessus de toute conviction particulière, et que l’État ne favorise aucune religion.

Dans ce cadre, un citoyen français converti à l’islam n’a pas plus de droits qu’un autre, mais il n’en a pas moins non plus. Il n’est pas un “sous-français” parce qu’il a choisi une autre religion. Il reste un citoyen, avec les mêmes droits, les mêmes devoirs, les mêmes attentes légitimes : sécurité, justice, reconnaissance, avenir.


Quand la foi devient prétexte à éviter les vrais sujets

L’un des enjeux politiques de notre époque, c’est l’usage de la religion comme écran de fumée.

Plutôt que de parler :

  • des salaires qui ne suivent plus le coût de la vie,

  • des loyers qui explosent,

  • des services publics qui se retirent de certains quartiers,

  • du sentiment d’abandon social,

on place toute l’attention sur ceux qui portent un signe religieux, qui ont changé de foi, qui prient ailleurs.


Le converti à l’islam devient alors une figure pratique : on peut le montrer du doigt, faire de son choix spirituel un risque pour la collectivité, et détourner le débat des causes réelles du malaise.

Dans ce théâtre, sa foi n’est plus respectée comme un droit, elle est utilisée comme un outil.


Réconcilier foi choisie et appartenance nationale

Pourtant, il existe une autre façon de regarder ces parcours : comme des preuves que la France reste un pays où l’on peut choisir.

Choisir sa vie, son métier, ses engagements, et aussi sa spiritualité.


Lorsqu’un français dit :

“Je me suis converti à l’islam, pas à un autre pays. Je suis toujours français, je respecte la loi, j’élève mes enfants ici, je m’inquiète des mêmes problèmes que vous.”

il ne demande pas un passe-droit, il demande simplement que sa foi ne soit pas transformée en procès permanent.

Reconnaître cela, ce n’est pas “céder” à une religion, c’est rester cohérent avec les principes affichés : liberté, égalité, fraternité, laïcité.


Ce que veut dire, concrètement, “Libres et Égaux”

Dans ce contexte, un mouvement comme Libres & Égaux France porte un message clair :

  • on refuse que l’on classe les Français selon leur foi ou l’origine de leurs parents,

  • on refuse que la foi d’un citoyen soit utilisée pour éviter de parler de sa condition sociale, de son quartier, de son travail,

  • on refuse que des choix spirituels intimes soient transformés en menace collective.

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Être “libres et égaux”, ce n’est pas se ressembler, c’est accepter que, dans le même pays, des gens prient différemment ou ne prient pas du tout, tout en partageant le même destin politique.


La question devient alors :

  • non pas “pourquoi t’es-tu converti ?”,

  • mais “comment vit-on ensemble, concrètement, avec justice et dignité pour tous ?”


Une identité assumée, un débat apaisé

Un français converti à l’islam, ancré dans sa ville, impliqué dans la vie sociale et politique, n’est pas une anomalie. Il est l’une des figures possibles de la France d’aujourd’hui.

Plus cette évidence sera dite calmement, clairement, plus il sera difficile de nourrir la suspicion et la haine.

“Je me suis converti à l’islam, pas à un autre pays” : c’est une phrase simple, mais elle renverse un récit entier, elle rappelle que l’ennemi n’est pas la foi de l’autre, mais la tentation permanente de se servir de cette foi pour éviter d’affronter les vrais défis de notre temps.


Marc MAUCO


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