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Quand Le Point fabrique du soupçon politique, une mécanique désormais bien huilée

Un article du Point qui n’informe pas, mais oriente

Le 17 décembre 2025, Le Point publie un article affirmant qu’un rapport parlementaire établirait une « proximité idéologique » entre des élus de La France insoumise LFI et des mouvements islamistes.

À première lecture, le ton est grave, les mots sont lourds, l’effet recherché est clair, installer un soupçon durable.

Pourtant, lorsqu’on analyse les faits, le contenu réel de l’article est beaucoup plus fragile qu’il n’y paraît.


Quand Le Point fabrique du soupçon politique, une mécanique désormais bien huilée

Une accusation sans base judiciaire

Aucun élu n’est mis en examen, aucune procédure judiciaire n’est ouverte, aucune infraction pénale n’est établie.

Le cœur de l’accusation repose sur une expression floue : « proximité idéologique » or, cette notion :

  • n’existe pas en droit pénal,

  • ne constitue ni un délit ni une preuve,

  • relève exclusivement de l’interprétation politique.

On ne parle donc pas de faits, mais d’appréciations subjectives, présentées comme des quasi-vérités.


Une commission politiquement située

Il est essentiel de rappeler que cette commission d’enquête a été initiée par Laurent Wauquiez, figure majeure de la droite française et adversaire politique direct de LFI.

Cela ne rend pas le travail de la commission nul, mais impose une lecture critique, d’autant plus que Le Point :

  • ne publie pas le rapport intégral,

  • sélectionne des extraits,

  • ne contextualise pas les auditions citées.

Nous sommes face à une mise en récit, pas à une démonstration.


Le glissement dangereux : islam, Palestine, extrémisme

L’article entretient un amalgame constant entre :

  • soutien à la cause palestinienne,

  • pratiques religieuses musulmanes,

  • islamisme politique,

  • menace terroriste.

Ce glissement est lourd de conséquences, il transforme un débat géopolitique et humanitaire en soupçon religieux, et participe à une stigmatisation indirecte de millions de citoyens.

Défendre le droit international ou critiquer la politique d’un État n’est pas une preuve de radicalité.


Pourquoi maintenant ?

La question centrale n’est pas seulement ce qui est écrit, mais pourquoi c’est écrit maintenant.

À l’approche d’échéances électorales, dans un climat de polarisation extrême, ce type d’article :

  • fragilise l’opposition politique,

  • installe une suspicion morale,

  • détourne le débat des véritables enjeux sociaux.

C’est une stratégie classique de disqualification, déjà observée dans d’autres périodes de tension démocratique.


Critiquer un parti est légitime, enquêter est nécessaire mais suggérer sans prouver, amalgamer sans démontrer, ce n’est pas informer, c’est affaiblir le débat public.

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