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Blanche Gardin ou quand un sketch devient un délit d’opinion dans le monde culturel

Libres & Égaux France défend sans ambiguïté la lutte contre toutes les discriminations : antisémitisme, islamophobie, racisme, xénophobie, haine religieuse ou culturelle. Cette ligne est constante, claire et assumée.

C’est précisément pour cette raison qu’il est aujourd’hui nécessaire de réagir à ce que vit Blanche Gardin.


Blanche Gardin ou quand un sketch devient un délit d’opinion dans le monde culturel

Un point fondamental trop souvent oublié : il s’agissait d’un sketch

Il faut d’abord rétablir un fait essentiel, souvent volontairement flouté dans le débat public, les propos de Blanche Gardin ont été tenus dans le cadre d’un sketch.

Un sketch une œuvre artistique, un espace par nature fondé sur l’ironie, la caricature, la provocation, la satire.

Elle ne s’exprimait :

  • ni en tant qu’élue,

  • ni en tant que responsable politique,

  • ni dans une tribune institutionnelle,

  • ni sur une scène officielle de l’État.


Assimiler un acte artistique à un discours politique au premier degré est une confusion grave, qui met en danger toute forme de création.

Si demain un sketch devient juridiquement, moralement ou économiquement sanctionnable comme un discours militant, alors plus aucun humoriste, auteur ou comédien n’est à l’abri.


Une artiste reconnue, soudainement mise à l’écart

Blanche Gardin n’est pas une humoriste marginale, elle est une artiste reconnue, respectée par la profession, récompensée par un Molière en 2018, suivie par un large public, et longtemps programmée dans les plus grandes salles.


Pourtant, depuis ce sketch présenté lors d’une soirée militante liée au conflit à Gaza, elle affirme vivre :

  • une raréfaction brutale des propositions professionnelles,

  • une disparition de revenus,

  • une précarisation matérielle allant jusqu’à devoir quitter son logement,

  • un climat de menaces et de harcèlement graves.

Un point est capital :

👉 ni l’ARCOM,

👉 ni la justice,

👉 ni aucune autorité administrative n’ont estimé que ses propos constituaient une infraction.

Il n’y a eu ni plainte judiciaire retenue, ni condamnation, ni procédure réglementaire.


Quand la sanction ne vient plus de la loi, mais du milieu professionnel

Ce que révèle cette affaire, ce n’est pas un débat sur l’humour ou la sensibilité du public, c’est l’installation d’un mécanisme bien plus inquiétant, la sanction économique hors du cadre légal.

On ne censure pas officiellement, on ne poursuit pas judiciairement mais on retire les opportunités, on ferme les portes, on laisse s’installer le vide.

C’est une mise à l’écart silencieuse, mais redoutablement efficace.


Un contexte politique qu’il serait hypocrite d’ignorer

Un autre élément mérite d’être rappelé, sans insinuation mais sans naïveté, Blanche Gardin avait publiquement appelé à voter Jean-Luc Mélenchon en 2022 lors de l’élection présidentielle.

Ce positionnement politique était assumé, connu, public.

Dès lors, une question légitime se pose :

Assiste-t-on à une simple controverse artistique ou à une punition idéologique infligée à une artiste identifiée politiquement à gauche ?

La question mérite d’être posée, car le climat actuel montre une intolérance croissante aux voix dissidentes, y compris dans des milieux qui se disent ouverts.


La peur comme nouveau régulateur du monde culturel

Ce que Blanche Gardin exprime aujourd’hui, beaucoup d’artistes le vivent en silence.

Ils savent que :

  • un mot peut coûter une carrière,

  • une prise de position peut fermer des financements,

  • une opinion peut devenir un risque professionnel.

Cette peur n’est pas théorique, elle est devenue un outil de normalisation idéologique.

Et c’est précisément ainsi que la liberté d’expression s’érode :non par la loi, mais par l’économie.


Soutenir Blanche Gardin, ce n’est pas approuver tout ce qu’elle dit

Il est essentiel de le rappeler, soutenir Blanche Gardin ne signifie pas adhérer à l’ensemble de ses propos, ni à toutes ses positions politiques.

Cela signifie défendre un principe fondamental :

Tant que la loi n’est pas enfreinte, personne ne doit être socialement ou économiquement puni pour une expression artistique.


Une démocratie saine accepte :

  • la satire,

  • la provocation,

  • le malaise,

  • le désaccord.

Elle ne fabrique pas des exemples pour dissuader les autres de parler.


La position de Libres & Égaux France

Nous condamnons sans réserve :

  • toute haine,

  • toute violence,

  • toute stigmatisation de populations, quelles qu’elles soient.

Mais nous affirmons avec la même fermeté que la liberté d’expression artistique ne peut pas devenir conditionnelle à la conformité politique.


C’est pourquoi Libres & Égaux France apporte son soutien total à Blanche Gardin.

Par cohérence, par principe et par fidélité à une République qui ne devrait jamais punir une artiste pour un sketch, ni pour ses opinions politiques, tant qu’elles respectent la loi.

Car une liberté d’expression qui dépend du contexte, du camp ou du portefeuille, ce n’est plus une liberté.


Libres dans nos Choix

Egaux dans nos Droits

Marc MAUCO

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