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Hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers : quand la Sorbonne tourne le dos à l’égalité

L’annonce a choqué : l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a voté une augmentation spectaculaire des frais d'inscription pour les étudiants extra-communautaires, passant de 200 € à près de 4 000 €, selon le niveau d’étude.


Une multiplication par 20, une barrière infranchissable pour la majorité des étudiants africains, asiatiques, sud-américains et moyen-orientaux qui rêvent d’étudier en France.

Officiellement, la décision serait motivée par des “contraintes budgétaires” dans les faits, elle ressemble dangereusement à une triangulation économique : ouvrir l’université à ceux qui peuvent payer, et la fermer à ceux qui n’ont que leur talent pour avancer.

Et cela, dans une institution qui porte le nom de Sorbonne symbole mondial du savoir universel.


quand la Sorbonne tourne le dos à l’égalité

L’éducation : un droit, pas un privilège conditionné au passeport

La France aime rappeler qu’elle est le pays des Lumières, des droits humains, de l’égalité.Mais comment justifier qu’un étudiant paie 200 € parce qu’il est européen et 4 000 € parce qu’il est algérien, sénégalais, brésilien ou indien ?

Cette logique crée deux régimes éducatifs :

  • un régime “accessible”, pour ceux de l’Union européenne,

  • un régime “interdit”, pour les autres.

C’est de la discrimination économique institutionnalisée.

Dans un système juste, le talent devrait décider de l’avenir, pas le pays de naissance.


Une mesure qui fragilise les plus vulnérables

La majorité des étudiants extra-communautaires en France ne sont pas les enfants des élites. Ce sont des jeunes qui économisent pendant des années, des familles qui se saignent, des diplômes obtenus au prix d’efforts immenses.

Pour eux, 4 000 € ne sont pas des “frais d’inscription”, c’est une frontière invisible qui dit : “Vous n’êtes pas les bienvenus.”

Ce n’est plus une politique universitaire, c’est une politique migratoire déguisée.


Ce que révèle cette décision : un glissement inquiétant

Depuis plusieurs années, un courant s’installe dans l’enseignement supérieur français :

  • normalisation des frais différenciés selon la nationalité,

  • décisions budgétaires prises sans concertation,

  • durcissement des procédures de renouvellement des visas étudiants,

  • multiplication des obstacles administratifs pour les étudiants étrangers.

La hausse votée par la Sorbonne n’est pas un acte isolé, c’est la manifestation d’un changement idéologique profond.

Un changement qui oppose l’université lieu du savoir universel à la logique du marché lieu du profit et de la sélection sociale.


Les étudiants étrangers : une richesse, pas un coût

Ce sont eux qui :

  • dynamisent les campus,

  • portent les laboratoires,

  • renforcent l’ouverture internationale,

  • participent à l’économie locale,

  • et deviennent demain des ambassadeurs naturels de la France dans le monde.

Les exclure, c’est affaiblir la France, c’est réduire la diversité intellectuelle, scientifique et culturelle qui fait la force d’une grande nation.

Les étudiants étrangers ne sont pas une charge, ils sont un investissement humain, culturel et économique.


Un choix contraire aux valeurs républicaines

La devise française repose sur trois piliers :

  • Liberté : mais l’accès au savoir n’est plus libre pour tous.

  • Égalité : mais le tarif dépend désormais du pays d’origine.

  • Fraternité : mais l’université ferme la porte à ceux qu’elle devrait accueillir.

Cette décision est un recul historique, elle creuse la fracture sociale, culturelle et internationale, elle envoie le message que la France se replie, qu’elle choisit la fermeture, la hiérarchie, la sélection par l’argent.


La Sorbonne doit rester un phare, pas un poste frontière

L’université n’est pas un guichet comptable, elle n’est pas une entreprise de tri économique.

Elle est ou doit rester un lieu d’émancipation, d’ouverture, de savoir et de justice.

Augmenter les frais d’inscription de 200 € à 4 000 € n’est pas une décision technique, c’est une décision politique et elle porte en elle un message dangereux :celui que l’éducation n’est plus un droit, mais un privilège réservé à ceux qui peuvent payer.

La France mérite mieux que ça, ses universités aussi, es étudiants encore davantage.


Libres dans nos choix

Egaux dans nos droits

Marc MAUCO

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