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Bolloréland : quand CNews fabrique ses figures pour parler de l’islam à la place des musulmans

Depuis plusieurs années, un phénomène inquiétant s’installe dans le paysage médiatique français : la fabrication récurrente de personnages médiatiques, présentés comme légitimes, experts ou représentatifs, mais dont la fonction réelle est avant tout idéologique.

La chaîne CNews, appartenant au Groupe Bolloré, en est devenue le symbole le plus abouti.

Ce système porte désormais un nom, compris par une large partie du public : Bolloréland.


Bolloréland : quand CNews fabrique ses figures pour parler de l’islam à la place des musulmans

La mécanique bien rodée de Cnews

La méthode est toujours la même.

  1. Choisir un sujet clivant : l’islam, les musulmans, l’immigration, la gauche.

  2. Mettre en avant des figures “atypiques” présentées comme courageuses ou lucides.

  3. Leur offrir une exposition massive.

  4. Transformer leurs propos en vérités générales.

  5. Laisser les réseaux sociaux faire le reste.

Peu importe la légitimité réelle, la compétence ou la représentativité, ce qui compte, c’est l’utilité narrative.


Jean-Marc Morandini : quand la condamnation n’arrête rien

Le cas de Jean-Marc Morandini est révélateur.

Malgré une condamnation pénale définitive, confirmée par la justice, il continue d’évoluer dans l’écosystème médiatique de CNews.

Ce maintien interroge profondément sur la notion d’exemplarité, mais surtout sur un message implicite envoyé au public : la condamnation judiciaire n’est pas un obstacle, tant que l’alignement idéologique est respecté.

Ce n’est pas une erreur.C’est un choix éditorial.


Pascal Praud : du sport à l’idéologie permanente

Autre pilier de Bolloréland : Pascal Praud.

Ancien commentateur sportif devenu figure centrale du débat politique télévisé, il incarne cette transformation du journalisme en tribune permanente.

Les faits passent après l’émotion, la complexité après la polémique, le débat après l’opinion.

Son rôle n’est plus d’informer, mais d’orienter, de provoquer et de créer des récits anxiogènes, souvent centrés sur une même obsession : l’islam comme problème central de la société française.


Mahammad Mehdizade : l’“imam de plateau”

Dernier arrivé dans cette galerie de personnages : Mahammad Mehdizade.

Présenté comme « directeur européen du Conseil mondial des imams », il est quasi inconnu des musulmans de France, sans reconnaissance institutionnelle claire, sans ancrage communautaire identifié, mais soudain propulsé comme voix musulmane légitime.

Son rôle est limpide :

  • attaquer la gauche,

  • assimiler des mouvements politiques français à des régimes autoritaires étrangers,

  • reprendre les éléments de langage de l’extrême droite,

  • valider l’idée que les musulmans seraient manipulés, dangereux ou naïfs.

Ce n’est pas un hasard si ses propos ont été massivement relayés.

Ils confirment exactement ce que Bolloréland veut faire croire.


Une parole musulmane confisquée

Le problème n’est pas que ces personnes s’expriment, le problème est qu’elles soient présentées comme représentatives.

Les musulmans de France sont pluriels :

  • croyants ou non pratiquants,

  • de gauche, de droite, apolitiques,

  • cadres, ouvriers, entrepreneurs, enseignants, étudiants,

  • engagés ou discrets.

Mais sur certains plateaux, cette diversité disparaît, elle est remplacée par des caricatures utiles.

Comme l’a justement souligné Pascal Boniface, directeur de l’IRIS, présenter ce type de figure comme représentative est une insulte aux musulmans, et une manière détournée de stigmatiser ceux qui luttent contre le racisme et les inégalités.


Derrière le cirque, une stratégie politique

Bolloréland n’est pas un accident médiatique.

C’est une stratégie de conquête idéologique.

Créer de la peur, désigner des boucs émissaires, diviser pour éviter de parler des vrais sujets, le pouvoir d’achat, la précarité, les services publics, la justice sociale.

Quand on parle de l’islam en boucle, on ne parle plus du reste.


Refuser la manipulation

Nommer ces mécanismes n’est pas une attaque contre la liberté d’expression, c’est, au contraire, la défendre.

La démocratie ne peut pas survivre si l’information devient un spectacle, si les minorités sont instrumentalisées, et si la peur devient un produit d’audience.

Les musulmans de France n’ont pas besoin de clowns médiatiques, ils ont besoin de respect, de vérité et de représentation honnête.

Et la société française a besoin d’un débat adulte, pas d’un cirque permanent.

Refuser Bolloréland, ce n’est pas censurer, c’est ouvrir les yeux.


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Marc MAUCO

 
 
 

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