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Suspicion permanente : quand on met les élus français d’origine algérienne sous procès politique

Il y a des articles qui informent et puis il y a ceux qui installent un soupçon.

L’article relayé par Complément d’enquête sur de prétendues pressions algériennes exercées sur des élus français d’origine algérienne appartient clairement à la seconde catégorie. Non pas parce qu’il serait interdit d’enquêter sur des faits graves toute ingérence étrangère doit être examinée mais parce que la manière dont le sujet est traité pose un problème politique majeur.


Suspicion permanente  quand on met les élus français d’origine algérienne sous procès politique

Ce qui est mis en cause ici n’est pas seulement une hypothétique démarche diplomatique intrusive, ce qui est mis en cause, implicitement mais lourdement, c’est la loyauté de citoyens français élus par le suffrage universel, au seul motif de leurs origines.


Une mécanique bien rodée : l’ethnicisation du soupçon

Le cœur du problème n’est pas la note des services de renseignement dont personne n’a vu l’intégralité, ni le contexte, ni les preuves complètes mais le cadrage narratif.

On ne parle pas “d’élus français”, on parle “d’élus français d’origine algérienne”, ce glissement est tout sauf neutre.


Il installe une idée dangereuse, certains élus seraient potentiellement influençables non pour ce qu’ils font, mais pour ce qu’ils sont.

Dans une République digne de ce nom, l’origine ne constitue jamais une présomption de duplicité.


Une indignation sélective

Soyons sérieux un instant.

Tous les États du monde entretiennent des liens avec leurs diasporas. Tous, sans exception.

Quand cela concerne :

  • les États-Unis,

  • Israël,

  • le Maroc,

  • la Turquie,

on parle de soft power, de diplomatie, de réseaux culturels ou mémoriels.

Quand il s’agit de l’Algérie, soudain :

  • on parle de pressions,

  • d’ingérence,

  • de loyauté suspecte.

Ce deux poids deux mesures est politiquement indéfendable.


Le vrai danger, fracturer la citoyenneté française

À force de mettre sous surveillance symbolique :

  • les Français musulmans,

  • les Français d’origine algérienne,

  • les élus issus de l’immigration,

on fabrique une République à plusieurs vitesses.

Une République où certains devraient sans cesse prouver qu’ils sont “assez français”.Une République où l’on demande des comptes identitaires à des élus que le peuple a déjà choisis.

Ce n’est pas l’Algérie qui fragilise la République française, c’est cette obsession permanente à soupçonner une partie de ses propres citoyens.


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Marc Mauco

 
 
 

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