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Comment le colonialisme économique façonne encore l’Afrique : comprendre un système qui n’a jamais vraiment disparu

On croit souvent que la colonisation s’est arrêtée le jour où les drapeaux ont été abaissés et les armées rapatriées. Mais ce que montrent les travaux présentés lors de la Conférence internationale sur les crimes coloniaux en Afrique, organisée à Alger, c’est que le colonialisme n’a pas disparu. Il s’est transformé. Il s’est modernisé. Il est devenu économique, contractuel, financier, monétaire.


Et le fait que cette conférence se déroule en Algérie n’est pas un hasard. Depuis l’indépendance, l’Algérie a toujours porté la voix des peuples opprimés et défendu le droit des nations à l’autodétermination. C’est un pays qui a vécu l’un des colonialismes les plus violents du XXe siècle, et qui n’a jamais cessé d’être solidaire des combats africains pour la souveraineté. Son histoire, sa mémoire et son engagement donnent à ce débat une profondeur particulière.


conférence colonialisme en Afrique

Le pillage économique ne s’est pas arrêté. Il a simplement changé de forme.

Comme l’a rappelé Idriss Attia, professeur de sciences politiques à l’Université d’Alger, les multinationales qui opèrent en Afrique ne sont pas de simples investisseurs. Elles héritent directement des logiques coloniales :

  • contrats opaques,

  • concessions prolongées,

  • extraction massive,

  • redistribution minimale.

Certains États africains ne perçoivent que 5 à 12 % de la valeur réelle des ressources extraites. Le reste s’envole.


Le Franc CFA : un mécanisme monétaire pensé pour la dépendance

Attia l’a souligné : le Franc CFA n’est pas un vestige neutre. C’est un instrument conçu pour maintenir des pays entiers dans une dépendance monétaire :

  • politique de change dictée depuis l’extérieur,

  • impossibilité d’ajuster la monnaie selon les besoins locaux,

  • frein structurel au développement industriel.

Une monnaie contrôlée par un autre pays, c’est une souveraineté amputée.


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La dette : l’arme silencieuse du néocolonialisme

Plusieurs experts l’ont rappelé : 60 % des pays africains consacrent davantage d’argent au remboursement de la dette qu’à la santé et à l’éducation.

La dette n’est pas seulement un chiffre, c’est un outil de contrôle.

Et les institutions financières internationales poussent souvent les pays africains à ouvrir leurs économies aux multinationales ce qui crée une dépendance accrue et perpétue les mécanismes hérités du colonialisme.


Les conflits alimentés pour mieux exploiter

Selon Hakim Adli, professeur d’histoire en Grande-Bretagne, certains conflits africains sont aggravés, voire entretenus, par des intérêts extérieurs. Parce qu’un pays en guerre est un pays vulnérable et un pays vulnérable est un pays dont on peut exploiter les ressources :

  • pétrole,

  • gaz,

  • or,

  • cobalt,

  • terres rares.

L’instabilité devient un outil économique.


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Une architecture néocoloniale encore intacte

Chukwumerijé Okéréké, universitaire nigérian, insiste : le néocolonialisme n’est pas une théorie. C’est un système, conçu et entretenu pour que l’Afrique reste :

  • exportatrice de matières premières,

  • importatrice de produits finis,

  • dépendante technologiquement,

  • dépendante financièrement.

Un système pensé pour durer après l’indépendance.


l’Afrique n’a pas besoin de charité. Elle a besoin de souveraineté.

Que cette conférence se tienne à Alger est symbolique :la capitale d’un pays qui a payé sa liberté au prix fort,et qui n’a jamais cessé de soutenir les luttes de libération sur le continent africain.

Le colonialisme militaire est tombé.Le colonialisme économique, lui, résiste encore.

Ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est pas seulement le passé : c’est l’avenir d’un continent.

L’Afrique n’a pas besoin de pitié. Elle a besoin d’équité, de justice, de contrôle de ses ressources et d’une souveraineté économique réelle.

Un continent riche ne peut plus être appauvri. Un continent puissant ne peut plus être affaibli et un continent libre doit désormais l’être entièrement.

 
 
 

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