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Faut-il franciser son prénom pour réussir en France ?

Une question légitime, une décision lourde de conséquences !

C’est une question que l’on me pose de plus en plus souvent, une question intime, une question sensible et une question révélatrice.

« Est-ce que je devrais franciser mon prénom pour éviter les discriminations en France ? »

À l’embauche, à la banque, face à certaines administrations, dans le monde professionnel, tout simplement.

Cette question, elle dit beaucoup de choses sur l’état de notre société.

Et elle mérite une réponse honnête, complète, sans langue de bois.


Faut-il franciser son prénom pour réussir en France

Oui, la France autorise le changement de prénom

Commençons par les faits.

En France, le changement de prénom est légal et encadré par la loi (article 60 du Code civil).

Toute personne peut demander à modifier, ajouter ou supprimer un prénom si elle justifie d’un intérêt légitime.

Dans la réalité, beaucoup invoquent :

  • des difficultés d’intégration,

  • des discriminations ressenties ou vécues,

  • un prénom perçu comme un frein social ou professionnel.

La démarche se fait en mairie, elle est aujourd’hui simplifiée, et elle est gratuite.

Sur le papier, tout est clair.

Mais la vraie question n’est pas là.


Pourquoi autant de personnes envisagent-elles cette démarche ?

Parce que nous devons regarder la réalité en face.

Oui, en France, certaines personnes subissent :

  • des discriminations à l’embauche,

  • des blocages dans l’accès au logement ou au crédit,

  • des regards, des soupçons, des raccourcis.

Et soyons clairs, ce n’est pas le prénom le problème, c’est le regard que certains portent sur ce prénom.

Changer son prénom, pour certains, apparaît alors comme une stratégie de survie sociale. Un moyen de “passer”, de “s’adapter”, de “ne plus faire de vagues”.

Je comprends cette logique, je la respecte mais je refuse qu’on la banalise sans en mesurer les conséquences.


Et du côté de l’Algérie : y a-t-il des problèmes ?

C’est LA grande question que l’on me pose ensuite.

Soyons très clairs.

Non, franciser son prénom ne pose aucun problème :

  • pour entrer ou sortir d’Algérie,

  • au niveau des contrôles aux frontières,

  • pour ouvrir ou gérer un compte bancaire en Algérie,

  • pour vivre, circuler, entreprendre.

Sur ce point, je n’ai jamais vu de blocage sérieux.

Mais…


Là où les problèmes commencent vraiment

Les difficultés apparaissent ailleurs et elles sont souvent lourdes, longues et coûteuses.

J’ai vu de nombreux cas trop nombreux où le changement de prénom a posé problème dans :

  • des dossiers d’héritage,

  • des successions,

  • des actes de propriété,

  • des titres fonciers,

  • des situations fiscales ou patrimoniales.

Pourquoi ?

Parce que l’administration, les notaires, les services fiscaux fonctionnent sur la traçabilité parfaite de l’identité.

Et quand un prénom change, il faut prouver que vous êtes bien la même personne, parfois sur des documents anciens, parfois à l’étranger.

Résultat :

  • dossiers bloqués,

  • procédures juridiques complexes,

  • recours à des avocats,

  • délais interminables,

  • coûts importants.

Ce sont des réalités vécues pas des théories !


Un prénom, ce n’est pas qu’un mot

Un prénom, ce n’est pas qu’un outil administratif.

C’est :

  • une histoire,

  • un héritage,

  • un lien avec vos parents,

  • une partie de votre identité.

Changer de prénom, ce n’est pas anodin ce n’est pas neutre, ce n’est pas sans impact.

Et la vraie question est peut-être celle-ci :

Pourquoi devrions-nous changer ce que nous sommes pour rassurer un système qui nous discrimine ?

Réfléchir avant d’agir

Je ne donne pas d’injonction, je ne juge personne.

Mais j’invite chacun à réfléchir profondément avant de franchir ce pas.

  • Est-ce une solution durable ou un pansement ?

  • Est-ce que cela règle le problème ou le déplace ?

  • Est-ce que le prix administratif, juridique et symbolique vaut le bénéfice espéré ?

Changer de prénom est un droit mais c’est aussi un choix stratégique, personnel, identitaire.


Notre combat à Libres et Égaux France

À Libres et Égaux France, nous portons une conviction simple :

Personne ne devrait avoir à renoncer à son identité pour être respecté, reconnu ou embauché.

Le combat n’est pas de gommer nos prénoms, le combat est de faire évoluer les mentalités, les pratiques, les institutions.

L’égalité réelle ne commence pas par l’effacement, elle commence par la reconnaissance.

 
 
 

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