Fiche S en France : qui est concerné, pourquoi, et ce que cela signifie vraiment
- Marc Mauco

- 10 déc. 2025
- 3 min de lecture
En France, la fiche S est souvent associée, à tort, au terrorisme ou à la dangerosité immédiate. Dans l’imaginaire collectif, être fiché S équivaut à être coupable de quelque chose de grave.
👉 C’est faux.
La fiche S est avant tout un outil administratif de renseignement, mal compris, et parfois utilisé de manière très large. Cet article fait le point, sans fantasme ni exagération, sur ce que signifie réellement être fiché S.

Qu’est-ce que la fiche S exactement ?
La fiche S est une catégorie du Fichier des personnes recherchées (FPR).Le “S” signifie Sûreté de l’État.
Elle permet aux services de renseignement :
d’identifier des personnes présentant un intérêt particulier pour la sécurité nationale
de collecter des informations lors de contrôles (frontières, police, gendarmerie, douanes)
⚠️ Important :
Ce n’est pas une procédure judiciaire
Ce n’est pas une condamnation
La personne concernée n’est généralement pas informée
La fiche S n’est pas réservée au terrorisme
Contrairement à une croyance très répandue, le terrorisme n’est qu’un cas parmi d’autres.
Une personne peut être fichée S sans avoir commis :
ni infraction
ni délit
ni crime
La logique est préventive, pas punitive.
Les principales raisons réelles du fichage S
Radicalisation ou soupçon de violence
C’est la raison la plus médiatisée, mais pas la plus fréquente :
propos jugés extrêmes
fréquentations surveillées
déplacements dans des zones à risque
Activités politiques, idéologiques ou militantes sensibles
Peuvent être concernées :
des figures militantes très actives
des personnes influentes dans des mouvements politiques ou sociaux
des individus perçus comme relais d’opinion
Aucune infraction n’est nécessaire.
Journalistes et profils intellectuels
C’est un point souvent passé sous silence.
Un journaliste peut être fiché S s’il :
enquête sur des sujets sensibles (renseignement, sécurité, conflits)
dispose de sources confidentielles
travaille sur des zones géopolitiques surveillées
entretient des contacts internationaux réguliers
👉 Être journaliste n’est pas un délit, mais c’est un facteur d’intérêt pour les services.
Ressortissants étrangers ou binationaux
Certaines nationalités ou zones géographiques font l’objet d’une attention renforcée pour des raisons :
historiques
diplomatiques
stratégiques
Être étranger, entrepreneur, intellectuel, journaliste, peut suffire à déclencher une veille.
Environnement relationnel
Une personne peut être fichée :
non pour ce qu’elle fait
mais pour qui elle côtoie
Relations, cercles, événements fréquentés : la logique est celle du réseau.
Ce que la fiche S n’implique PAS
Il est crucial de rétablir la réalité :
❌ Pas d’arrestation automatique
❌ Pas de poursuites judiciaires
❌ Pas de casier judiciaire
❌ Pas d’interdiction de travailler ou d’entreprendre
❌ Pas d’expulsion automatique
Beaucoup de personnes fichées S :
vivent normalement
travaillent
voyagent
sans jamais être inquiétées
Peut-on sortir d’un fichage S ?
La fiche S n’a pas de durée fixe
Elle peut être :
actualisée
levée
oubliée au fil du temps
Il n’existe pas de procédure classique de contestation
La surveillance évolue selon :
le contexte
l’activité réelle
l’intérêt des services
La fiche S ne dit pas : " cette personne est dangereuse ", elle dit simplement : " cette personne mérite une attention particulière ".
Dans une démocratie moderne, cela pose des questions légitimes d’équilibre entre :
sécurité
libertés
transparence
Mais une chose est sûre, la fiche S est beaucoup moins grave que ce que l’opinion publique imagine.
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Marc MAUCO



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