Immigration en Europe, quand la perception fausse le débat démocratique
- Marc Mauco

- 16 déc. 2025
- 3 min de lecture
Un récent sondage européen relayé par The Guardian met en lumière un décalage préoccupant entre la réalité de l’immigration et la manière dont elle est perçue par une large partie des citoyens européens.
Ce décalage n’est pas anodin, il influence directement les opinions, les votes, les politiques publiques et, in fine, la cohésion de nos sociétés.
Chez Libres & Égaux, nous pensons qu’un débat sain ne peut exister que s’il repose sur des faits. Pas sur des peurs construites, des amalgames ou des raccourcis idéologiques.

Une réalité statistique largement méconnue
Le sondage YouGov, mené dans sept pays européens (France, Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni, Danemark et Pologne), révèle un chiffre frappant :entre 44 % et 60 % des personnes interrogées estiment, à tort, que les migrants en situation irrégulière seraient plus nombreux que les migrants en situation régulière.
Or, toutes les données officielles disponibles (Eurostat, OCDE, ministères de l’Intérieur nationaux) montrent exactement l’inverse, l’immigration irrégulière reste largement minoritaire.
La majorité des personnes immigrées en Europe :
travaillent légalement,
étudient,
rejoignent leur famille,
ou bénéficient d’un statut de protection reconnu.
Le premier problème du débat européen sur l’immigration n’est donc pas l’immigration elle-même, mais la désinformation qui l’entoure.
Quand une perception erronée de l'immigration fabrique une opposition massive
Cette surestimation de l’immigration irrégulière alimente mécaniquement une hostilité croissante.
Dans les pays sondés, 40 à 60 % des répondants souhaitent une baisse importante des flux migratoires, et près de la moitié se dit favorable à un gel total des nouvelles arrivées.
Ce rejet n’est pas irrationnel en soi, il devient problématique lorsqu’il repose sur une base factuelle fausse.
Un citoyen qui croit que :
les règles ne sont plus respectées,
que l’État a perdu le contrôle,
que l’illégalité serait la norme,
réagit logiquement par la peur, la méfiance et le rejet, la responsabilité collective est alors de corriger l’information, pas d’exploiter cette peur.
Une nuance souvent ignorée : tous les migrants ne sont pas perçus de la même manière
Le sondage montre aussi quelque chose d’essentiel, rarement relayé dans le débat public, les Européens font une distinction claire entre les différents types d’immigration.
Les migrants qualifiés (médecins, ingénieurs, étudiants, travailleurs spécialisés) suscitent peu d’hostilité.
À l’inverse, les migrants perçus comme « irréguliers » ou « assistés » concentrent les rejets.
Cela prouve que l’opinion publique :
comprend les besoins économiques réels,
n’est pas hostile à l’immigration par principe,
mais rejette l’idée d’un système perçu comme injuste ou désorganisé.
Ce constat devrait inciter à des politiques plus intelligentes, plutôt qu’à des discours simplificateurs.
Le cœur du malaise : une angoisse identitaire
Là où l’article touche un point sensible, c’est sur la question de l’identité.Dans plusieurs pays, une majorité de répondants estime que même les migrants légaux :
ne partagent pas les mêmes valeurs,
s’intègrent mal,
fragiliseraient la cohésion sociale.
Ces perceptions sont subjectives, difficiles à mesurer, mais politiquement puissantes, elles montrent que le débat sur l’immigration s’est déplacé du terrain des faits vers celui du ressenti, de la symbolique et de la peur culturelle.
Ignorer cette dimension serait une erreur mais l’exploiter sans la contextualiser serait irresponsable.
Ce que révèle vraiment ce sondage
Ce sondage ne prouve pas que les Européens seraient massivement hostiles à l’immigration.Il révèle surtout que :
le débat public est faussé par des représentations erronées,
ces erreurs nourrissent des positions politiques radicales,
la responsabilité des médias et des décideurs est centrale.
Lorsqu’un débat repose sur des chiffres inexacts, des mots anxiogènes et des amalgames constants, il ne peut produire que de la fracture.
La position de Libres & Égaux
Chez Libres & Égaux, nous refusons :
la stigmatisation,
la peur instrumentalisée,
les discours qui opposent artificiellement les populations.
Mais nous refusons aussi :
le déni des inquiétudes,
le mépris des ressentis,
l’absence de pédagogie.
Notre conviction est simple, on ne peut pas construire une société apaisée sur une information fausse.
Réconcilier faits, débat démocratique et respect humain est aujourd’hui une urgence.
Parce que la vérité n’est ni de droite, ni de gauche, elle est la condition minimale du vivre-ensemble.
Libres dans nos Choix
Egaux dans nos Droits
Marc MAUCO



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