Quand l’humiliation devient une ligne éditoriale, jusqu’où ira la dérive médiatique ?
- Marc Mauco

- 15 déc. 2025
- 2 min de lecture
Ces derniers jours, une vidéo montrant le sénateur Pierre Ouzoulias victime d’un malaise au Sénat a été diffusée et commentée par le média Frontières, accompagné d’un message insinuant qu’il « se gaverait de l’argent public », ce qui aurait dû rester un incident médical banal est devenu un outil de stigmatisation politique.

Pierre Ouzoulias est atteint du syndrome de Gilbert, une pathologie reconnue pouvant provoquer nausées et vomissements. Ce fait est public, documenté, vérifiable. Pourtant, un chroniqueur de Frontières a choisi de transformer ce symptôme en accusation morale, sans preuve, sans nuance, sans humanité.
Informer ou salir : il faut choisir
Le journalisme repose sur des principes simples : vérification, honnêteté intellectuelle, respect des personnes. Ici, aucun de ces principes n’est respecté, il ne s’agit pas de critiquer une idée politique, une prise de position ou un vote parlementaire, il s’agit de tourner en dérision la santé d’un élu, de lui prêter des comportements frauduleux, et de diffuser cette insinuation auprès de milliers de personnes.
C’est précisément ce que le droit qualifie de diffamation.
Une dérive qui n’est pas isolée
Ce même chroniqueur a déjà été visé par des plaintes pour des propos assimilant des élus de Seine-Saint-Denis à la théorie raciste du « grand remplacement », ma Ligue des droits de l’homme avait alors pointé une incitation à la haine.
Nous sommes donc face à un modèle médiatique qui prospère non sur l’information, mais sur :
l’humiliation,
la caricature,
la désignation de boucs émissaires,
la confusion volontaire entre opinion et mensonge.
La dignité humaine n’est pas négociable
La réaction de Pierre Ouzoulias est claire et juste :
« La liberté de la presse n’autorise ni le mensonge, ni l’atteinte à la dignité humaine. »
Libres & Égaux France partage pleinement cette position, défendre la liberté d’expression ne signifie pas accepter que tout soit permis. Une démocratie mature protège le débat, pas la calomnie.
Un enjeu démocratique majeur
Quand des plateformes se présentent comme des médias tout en refusant les règles éthiques minimales, ce ne sont pas seulement des individus qui sont attaqués.
C’est la confiance collective dans l’information qui est fragilisée, c’est le débat démocratique qui est empoisonné.
Il ne s’agit pas de faire taire qui que ce soit, il s’agit d’exiger que ceux qui prétendent informer respectent les mêmes règles que tous les autres.
La dignité humaine n’est ni de droite, ni de gauche, elle est le socle commun sans lequel il n’y a plus de République.
Libres dans nos Droits
Egaux dans nos Droits
Marc MAUCO



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