Quand le halal devient un prétexte à la stigmatisation, alerte sur une dérive médiatique grave
- Marc Mauco

- 14 janv.
- 2 min de lecture
Ces derniers jours, sur un plateau de télévision, des propos ont été tenus affirmant que « manger halal, c’est financer l’islam » et, plus grave encore, « financer l’islamisation de la France ».Ces paroles n’ont rien d’anodin. Elles marquent une nouvelle étape dans une dérive inquiétante du débat public français, il est temps de dire les choses clairement.

Le halal n’est ni un impôt, ni une idéologie
Le halal est un mode de préparation alimentaire, reconnu par la loi française, encadré par le droit commercial, et librement choisi par des consommateurs.
Il n’est ni une taxe religieuse, ni un financement politique, ni un outil de conquête idéologique.
Assimiler un choix alimentaire à une menace pour la République relève soit de l’ignorance, soit de la manipulation.
Personne ne prétend que :
manger casher finance le judaïsme,
manger végétarien finance une idéologie écologiste,
manger sans porc constitue un acte politique.
Pourquoi, dès lors, ce raisonnement fallacieux serait-il acceptable lorsqu’il s’agit de musulmans ?
Quand le discours bascule dans la stigmatisation
Dire que « manger halal finance l’islamisation » revient à :
désigner une religion entière comme suspecte,
transformer des citoyens ordinaires en menace diffuse,
créer une suspicion collective fondée sur l’appartenance religieuse.
Ce n’est plus du débat d’idées.C’est un discours discriminatoire, qui essentialise une population et l’associe à un projet hostile imaginaire.
La loi est pourtant claire : la République ne juge pas les citoyens sur leur religion, leur origine ou leurs pratiques alimentaires, mais sur leurs actes.
Une dérive juridiquement problématique
Ces propos posent un problème juridique sérieux.
Assimiler une pratique religieuse légale à une entreprise de subversion peut constituer :
une discrimination fondée sur la religion,
une incitation à la haine ou à l’exclusion,
une atteinte au principe constitutionnel d’égalité.
La liberté d’expression n’autorise ni l’amalgame, ni la désignation d’un groupe comme danger intérieur.
Une responsabilité médiatique écrasante
Les médias ont une responsabilité particulière, lorsqu’un plateau télé diffuse ce type de propos sans contradiction sérieuse, il ne fait pas qu’informer : il oriente, suggère, instille.
Transformer une pratique légale en menace civilisationnelle alimente les peurs, fracture la société et abîme le pacte républicain.
La République ne se renforce pas en dressant les Français les uns contre les autres, elle se fragilise.
Libres & Égaux appelle à la vigilance
Nous le disons sans détour, le problème n’est pas le halal.
Le problème est l’instrumentalisation politique et médiatique d’une religion à des fins de division.
Libres & Égaux restera mobilisée pour :
dénoncer les amalgames,
défendre l’égalité des citoyens,
rappeler que la République est forte quand elle est juste, pas quand elle désigne des boucs émissaires.
Informer, ce n’est pas stigmatiser, débattre, ce n’est pas exclure et la République mérite mieux que la peur.
Libres dans nos choix
Egaux dans nos Droits
Marc MAUCO



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