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Ségolène Royal, l’Algérie, la mémoire et après ?

À quand des réponses concrètes pour les Algériens de France ?

Depuis plusieurs semaines, Ségolène Royal a remis la question franco-algérienne au centre du débat public.

Mémoire coloniale, restitutions, archives, essais nucléaires dans le Sahara, reconnaissance des crimes : ses prises de position sont claires, assumées, et fortement symboliques.

Elles ont été saluées par certains, critiquées par d’autres, mais elles ont surtout ravivé une question de fond que la classe politique française évite trop souvent que fait-on réellement du lien entre la France et l’Algérie, au-delà des discours ?

Car s’il est indispensable de regarder l’Histoire en face, une autre réalité s’impose aujourd’hui avec la même force : celle de la communauté algérienne établie en France, ici, maintenant, dans le quotidien.


Ségolène Royal, l’Algérie, la mémoire et après

La mémoire est nécessaire. Elle n’est pas suffisante.

Reconnaître les blessures du passé est un devoir moral et historique mais la mémoire ne peut pas devenir un substitut à l’action politique contemporaine.

À force de parler de l’Algérie d’hier, on finit par oublier les Algériens de France d’aujourd’hui.

Or cette communauté n’est ni marginale, ni invisible :

  • elle est présente dans toutes les grandes métropoles,

  • elle participe pleinement à l’économie française,

  • elle est composée de travailleurs, d’entrepreneurs, de soignants, d’enseignants, d’artisans,

  • elle est française pour une grande part, ou en voie de l’être.

Et pourtant, elle continue de subir.


Ce que subissent aujourd’hui les Algériens de France

Il faut le dire clairement, sans outrance mais sans détour.

Les Algériens établis en France font face à :

  • des discriminations persistantes à l’embauche et au logement,

  • des difficultés administratives spécifiques (visas, titres, regroupement familial),

  • une stigmatisation récurrente dans le débat public,

  • une suspicion permanente dès qu’il est question d’identité, de sécurité ou de religion,

  • une précarité économique plus forte que la moyenne dans certains territoires,

  • un sentiment d’abandon politique, nourri par des promesses non tenues.

Ce vécu quotidien ne relève pas du passé colonial, il relève des politiques publiques actuelles.



Une question légitime à poser à Ségolène Royal

Si Ségolène Royal envisage un retour politique national, et si elle souhaite incarner une voie de réconciliation franco-algérienne, alors une question s’impose naturellement.

Pas une question polémique, pas une attaque, une question de responsabilité.

Que ferait-elle, concrètement, pour les Algériens de France si elle était candidate, puis élue?


Au-delà du mémoriel, quelles mesures pour aujourd’hui ?

Reconnaître, restituer, documenter, c’est nécessaire mais gouverner, c’est agir sur le présent.

Alors, très concrètement :

  • Quelle politique contre les discriminations réelles subies par les Français d’origine algérienne ?

  • Quelles réformes pour simplifier les démarches administratives qui les concernent directement ?

  • Quelle protection face aux discours de stigmatisation devenus banals dans l’espace médiatique ?

  • Quelle place réelle pour les entrepreneurs algériens et franco-algériens dans l’économie française ?

  • Quelle politique de logement, d’emploi et d’égalité territoriale dans les quartiers où ils vivent massivement ?

  • Quelle vision pour une citoyenneté pleine et entière, sans soupçon permanent de double loyauté ?

Ce sont ces réponses-là qui feront la différence entre un discours symbolique et un projet politique crédible.


La dignité ne se limite pas à l’Histoire

La mémoire mérite le respect mais la dignité se joue au présent.

La communauté algérienne de France n’a pas besoin d’être courtisée, elle a besoin d’être considérée, protégée et respectée.

Si Ségolène Royal souhaite réellement ouvrir une nouvelle page, alors il est temps d’élargir le débat de l’Algérie d’hier aux Algériens de France d’aujourd’hui.

Car reconnaître le passé sans répondre au présent, ce n’est pas réconcilier, c’est différer encore.

La balle est désormais dans son camp.


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Marc MAUCO

 
 
 

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