Visa américain, une caution jusqu’à 15 000 $ imposée aux Algériens dès 2026
- Marc Mauco

- 11 janv.
- 3 min de lecture
À compter du 21 janvier 2026, les ressortissants algériens souhaitant se rendre aux États-Unis avec un visa temporaire B1/B2 (tourisme ou affaires) pourront se voir imposer une caution financière allant jusqu’à 15 000 dollars.
Cette mesure, décidée par le Department of State, place l’Algérie dans une liste restreinte de pays soumis à un dispositif renforcé, avec une particularité notable, l’Algérie est le seul pays d’Afrique du Nord concerné.
Cette décision soulève de nombreuses interrogations, tant sur le plan pratique que politique.

De quoi s’agit-il exactement ?
Les autorités américaines ont étendu un mécanisme appelé « visa bond » (caution de visa).Concrètement, lors de l’entretien consulaire, un agent pourra exiger du demandeur algérien le versement d’une caution de :
5 000 $
10 000 $
ou 15 000 $
Le montant est fixé de manière discrétionnaire par l’agent consulaire, en fonction de l’évaluation du dossier.
Cette caution est remboursable, à condition que le voyageur :
respecte strictement la durée autorisée de son visa,
quitte le territoire américain dans les délais,
ou que le visa soit finalement refusé.
Le paiement s’effectue uniquement si l’agent le demande, via la plateforme officielle du Trésor américain.
Pourquoi l’Algérie est-elle concernée ?
Selon l’administration américaine, cette mesure vise les pays présentant :
un taux jugé élevé de dépassement de durée de séjour (overstay),
ou des insuffisances dans le suivi migratoire.
Cette politique s’inscrit dans un durcissement global de la politique migratoire américaine, engagé depuis 2025 :
contrôles renforcés,
annulations de visas,
exigences accrues lors des entretiens.
Officiellement, il ne s’agit pas d’une sanction politique mais d’un outil dissuasif destiné à garantir le respect des règles migratoires.
Une mesure financièrement dissuasive
Dans les faits, cette caution représente un obstacle majeur pour une large partie de la population algérienne.
15 000 dollars équivalent à plusieurs années de revenus pour de nombreux foyers.
Même remboursable, la somme doit être mobilisable immédiatement, en devises.
Elle s’ajoute aux autres coûts : frais de visa, billets d’avion, hébergement, assurance, billetterie événementielle (notamment en vue de la Coupe du monde 2026).
Cette exigence transforme un visa touristique ou professionnel en démarche financièrement élitiste, inaccessible à beaucoup.
Une décision au fort impact symbolique
Le fait que :
le Maroc,
la Tunisie,
ne figurent pas sur cette liste, alors que l’Algérie y est incluse, alimente un sentiment d’inégalité de traitement.
Même si la mesure se veut administrative, son impact symbolique est réel :
elle affecte l’image de la mobilité algérienne,
elle renforce le sentiment de stigmatisation,
elle crée une barrière supplémentaire à la circulation des personnes.
Aucune garantie de visa
Il est important de rappeler un point essentiel, le paiement de la caution ne garantit ni l’obtention du visa, ni l’entrée sur le territoire américain.
La décision finale reste entièrement à la discrétion des autorités consulaires et des services frontaliers.
Quelles conséquences pour les Algériens ?
Cette mesure pourrait :
réduire fortement le nombre de voyageurs algériens vers les États-Unis,
impacter les échanges touristiques, culturels et professionnels,
pénaliser les familles, étudiants et entrepreneurs.
Elle intervient par ailleurs à l’approche de la Coupe du monde 2026, co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, pour laquelle l’Algérie est qualifiée, rendant la question encore plus sensible.
Vers des mesures de réciprocité ?
À ce stade, aucune annonce officielle n’a été faite par l’Algérie concernant une éventuelle réciprocité à l’égard des ressortissants américains.
Mais cette option pourrait être envisagée si la mesure venait à être perçue comme durablement discriminatoire.
L’imposition d’une caution pouvant atteindre 15 000 dollars pour les visas américains marque une nouvelle étape dans la restriction de la mobilité internationale des Algériens.
Présentée comme une mesure technique de contrôle migratoire, elle constitue en réalité :
une barrière financière massive,
une décision politiquement sensible,
un signal fort envoyé à une population déjà confrontée à de multiples obstacles administratifs à la mobilité.
Pour les Algériens concernés, il devient essentiel de s’informer précisément, d’anticiper les démarches et de mesurer l’impact réel de cette nouvelle exigence avant toute demande de visa.
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Marc MAUCO



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